Cathédrale de Bourges : monument du Berry

Cathédrale de Bourges, histoire et photos du Berry

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Dans une ville comme Bourges où l’on fait un véritable voyage dans le temps lorsque l’on se promène dans son centre historique, le point d’orgue n’est autre que sa cathédrale, dédiée à Saint Etienne, premier martyr de la chrétienté.

La France, l’Europe, est parsemée d’églises et de cathédrales, toutes plus belles les unes que les autres. Mais la plupart ont été rattrapées par la modernité, leur milieu environnant n’ayant plus grand-chose de commun avec les temps médiévaux. A Bourges, fort heureusement, on y respire encore un peu de ce passé dans les rues de la ville et ses maisons à pans de bois. Beaucoup à cause des anciennes demeures, certes, mais surtout grâce aux rues très peu occupées par la circulation automobile. Il est donc possible de s’imaginer quelques siècles en arrière, sans que notre moment de rêve ne soit perturbé par un bruit de moteur ou un klaxon intempestif.

La vieille ville a perduré le long des siècles. Les petites rues et ruelles entourent la cathédrale, si on excepte le Jardin de l’évêché, tout proche. Si c’est un bonheur pour le promeneur un peu rêveur, c’est un cauchemar pour l’ami de la photographie que je suis : c’est difficile d’avoir du recul pour faire une photo de l’ensemble.

D’ailleurs, ce manque de recul est presque ironique : on peut voir la cathédrale à plus de 20, voire 30 km de distance ! C’est une référence du paysage du Cher, un point de repère, presque un « phare » quand on cherche à s’orienter.

Plan de la cathédrale de Bourges
Pour y voir un peu plus clair, j’ai essayé d’élaborer un plan de la cathédrale. C’est parfois compliqué, surtout au niveau du nom des chapelles, qui peuvent en porter plusieurs ! J’ai généralement mis entre parentèses le nom du donateur qui a fait édifier la chapelle.
rue de la porte jaune
Au bout de la rue Porte Jaune, bordée de maisons à pans de bois, la cathédrale.
Il faut arriver par la rue du Guichet pour avoir un peu de recul sur l'ensemble.
Il faut arriver par la rue du Guichet pour avoir un peu de recul sur l’ensemble.
Une dentelle de pierre serait une bonne image pour expliquer cette façade.
Une dentelle de pierre serait une bonne image pour expliquer cette façade.

Histoire de la Cathédrale Saint-Etienne de Bourges

Avant même que Bourges ne soit Bourges, il y avait Avaricum, la célèbre cité qui avait donné tant de fil à retordre à César lors de la Guerre des Gaules. C’est pendant la période romaine qu’un lieu de culte chrétien semble avoir existé en cet endroit, quelque part au IIIème siècle, lorsque l’évangélisateur saint Ursin, premier archevêque de Bourges y installa un premier sanctuaire.

Selon la légende, Ursin demanda au gouverneur romain de l’Aquitaine, Léocade, l’autorisation d’établir un lieu de culte à Avaricum, ce qui fut autorisé. En 260, l’église fut consacrée, avec en son sein une relique de saint Etienne. Contrairement à d’autres grands centres de la chrétienté, il semblerait que la cathédrale n’ait pas été construite sur un ancien temple païen, se contentant d’utiliser une partie du palais romain préexistant. Quelques années plus tard, sans doute au tout début du IVème siècle, la ville se dote d’un rempart pour faire face aux premières invasions barbares. Quoiqu’il en soit, la légende raconte toujours que l’édifice fut reconstruit en 380 par l’évêque saint Palais. Cette nouvelle édification fut construite sur le mur d’enceinte de la ville désormais dénommée Biturigum, mur que l’on retrouve très partiellement encore aujourd’hui. Au fil du temps, ce lieu sacré sera amélioré ou reconstruit, par les différents archevêques qui se sont succédés à Bourges : nous avons gardé la trace de Raoul de Bourges au IXème siècle et du constructeur de l’église romane du début du XIème siècle, Gauzlin de Fleury, frère du roi Robert II le Pieux.

L’église romane, débutée en l’an 1020, n’était toujours pas conclue en 1172, lorsque fut décidée l’agrandissement de sa façade. Cette décision nous prouve qu’il n’y avait pas encore, en cette année, le désir de créer un nouvel édifice, simplement celui d’améliorer l’existant. C’est sans doute un grand incendie qui ravagea l’église quelques années plus tard qui motiva la construction d’une nouvelle cathédrale. 1195 marque le début des travaux, qui ne laisseront pratiquement rien de l’ancienne église, hormis quelques fragments de sa crypte, visibles depuis l’église basse. C’est dans cette crypte que devaient probablement être conservés les reliques de Saint Etienne…

Ancienne crypte, datant probablement de l'édifice de Gauzlin. On y accède par l'église basse.
Ancienne crypte, datant probablement de l’édifice de Gauzlin. On y accède par l’église basse.

Cette volonté de construire une grande cathédrale à Bourges faisant table rase du passé est, bien sûr, religieuse, mais la ferveur catholique n’explique pas tout. C’est une construction éminemment politique, voulue par le Chapitre de la cathédrale, avec l’approbation du roi Philippe Auguste. En effet, Bourges était le dernier territoire du domaine royal, juste avant l’Aquitaine, propriété de l’anglais Richard Cœur de Lion. En théorie, l’archevêque de Bourges était le « Primat d’Aquitaine », mais cette autorité ecclésiastique était bien sûr contestée du côté des aquitains. Le Chapitre participait sans doute tout simplement à la course au gigantisme, chaque grande ville de France voulant avoir la plus belle cathédrale, le prestige d’un tel édifice étant alors immense.

Une grande cathédrale pouvait ainsi asseoir l’autorité de Bourges sur le sud-est de ce qu’est aujourd’hui la France. Henry de Sully, archevêque de Bourges, supervisera les débuts de la construction et en financera les travaux. Il était le frère aîné d’Odon de Sully (ou Eudes de Sully), évêque de Paris, qui lui supervisait les travaux de construction de Notre-Dame de Paris, initiés par Maurice de Sully. Malgré les apparences, Maurice n’était pas leur parent : il venait de Sully-sur-Loire, dans le Loiret. Henry et Odon étaient originaires du Berry, de la Chapelle d’Angillon, où ils sont nés. Cette proximité entre les deux ecclésiastiques explique peut-être les nombreuses similitudes entre les cathédrales de Paris et de Bourges, avec de nombreux choix architecturaux similaires, comme le double déambulatoire.

Anciennes maisons, juste derrière la cathédrale. De l'ancien rempart romain, il ne reste pratiquement plus rien en cet endroit.
Anciennes maisons, juste derrière la cathédrale. De l’ancien rempart romain, il ne reste pratiquement plus rien en cet endroit. J’imagine que nous sommes ici devant l’ancien fossé du rempart.
Ces anciennes constructions témoignent bien de la proximité des habitants au Moyen Âge avec le grand lieu de culte.
Ces anciennes constructions témoignent bien de la proximité des habitants au Moyen Âge avec le grand lieu de culte.

Eglise basse, crypte de la cathédrale

La nouvelle construction devait marquer les esprits, tant par sa taille, que par sa nouveauté : ça serait la première église gothique au sud de la Loire (si on excepte peut-être l’abbaye d’Alcobaça au Portugal, de quelques années son aînée…).

La cathédrale allait donc être grande, très grande. Mais pour grandir, il fallait au préalable d’importants travaux de nivellement du sol. C’est le rôle de la « crypte », qui permet de rattraper un dénivelé de six mètres, juste sous le chœur de la cathédrale. Nous l’appelons crypte, mais elle n’est pas sous terre : il est plus correct de la nommer « église basse », ses vitraux donnant sur l’extérieur. C’est ici qu’autrefois les tailleurs de pierre qui travaillaient à la construction de l’église avaient leur atelier, comme l’atteste une épure de la rose de la façade tracée à même le sol de l’église basse.

Aujourd’hui, la crypte sert de musée, et de dernière demeure pour les archevêques de Bourges depuis la Révolution. L’entrée est payante, avec un guide accompagnateur. C’est ici que nous pouvons voir le tombeau du duc Jean de Berry, venu de sa plus belle réalisation, la Sainte-Chapelle de Bourges, après sa malheureuse destruction au XVIIIème siècle. Jean de Berry, j’en avais déjà longuement parlé dans mon article sur Mehun-sur-Yèvre, où il avait sa résidence. Le tombeau, sculpté par Jean de Cambrai, perdit à la Révolution sa partie basse, où figuraient quarante pleurants. On peut en voir une reproduction au Palais Jacques Coeur qui inclut ces pleurants.

Certains vitraux de la Sainte-Chapelle ont été sauvés de la destruction, et sont aujourd’hui installés dans la crypte. Pour les curieux de cet ancien chef d’œuvre gothique, certaines sculptures survivantes ainsi qu’un banc d’œuvre peuvent se voir dans la petite église de Saint-Symphorien à Morogues.

L’autre grande « attraction » de la crypte : les fragments du jubé de la cathédrale de Bourges. Il s’agissait d’une « clôture », qui séparait les fidèles du chœur. Autrefois, l’ensemble du culte n’était pas accessible aux simples fidèles. Ce n’est qu’en 1758 que ce jubé fut détruit, « démocratisant » le culte. Finalement, la visite de l’église basse ne serait pas complète sans la mise au tombeau monumentale du XVIème siècle offerte à la cathédrale par le chanoine Jacques Dubreuil.

L'accès à l'église basse., après avoir passé une lourde porte ouverte par la guide.
L’accès à l’église basse., après avoir passé une lourde porte ouverte par la guide.
L'église basse et ses vitraux, venus de la Sainte-Chapelle de Bourges.
L’église basse et ses vitraux, venus de la Sainte-Chapelle de Bourges.
Autel de l'église basse.
Autel de l’église basse.
Fragments retrouvés du jubé, avec ici la Passion : Longin transperçant le Christ de sa lance.
Fragments retrouvés du Jubé, avec ici la Passion : Longin transperçant le Christ de sa lance.
Fragments du Jubé à gauche. A droite, une paire de fesses. Les artisans de la cathédrale aimaient plaisanter avec ce genre de détails, que l'on retrouve ailleurs dans l'église.
Fragments du Jubé à gauche. A droite, une paire de fesses. Les artisans de la cathédrale aimaient plaisanter avec ce genre de détails, que l’on retrouve ailleurs dans l’église.

En plein centre de l’église basse se trouve la rotonde. C’était à cet endroit que devait se trouver l’une des tours de l’ancien rempart romain de la ville. C’est ici que nous trouvons les pierres tombales des archevêques de Bourges depuis la Révolution, et au fond, une mise au tombeau monumentale.

Mise au tombeau
La mise au tombeau monumentale, offerte par le chanoine Jacques Dubreuil. Le donateur se trouve tout à droite, devant l’apôtre Jacques.

Une cathédrale novatrice

Saint-Etienne de Bourges est unique en son genre, une catégorie de cathédrale à elle seule. Son architecte inconnu, le « Maître de Bourges », nous a livré ici une église sans transept, sur un plan basilical. Les cinq portails de la façade correspondent aux cinq nefs de l’édifice. Il a fallu 35 ans pour que le gros œuvre soit terminé, et presque un siècle de plus pour qu’elle soit enfin consacrée, le 13 mai 1324.

Les cinq portails de la façade.
Les cinq portails de la façade.
Nef de la cathédrale de Bourges
Une fois passée l’entrée principale, nous pouvons admirer la nef. La lumière, qui classiquement vient du haut dans une cathédrale gothique, vient ici également des collatéraux, donnant à l’ensemble une luminosité particulière.
Nef de la cathédrale et collatéral.
On peut voir toute l’originalité de cette cathédrale gothique pas comme les autres : l’élévation est de type pyramidal, donnant une sensation d’unité et de volume. La largeur est ici au moins autant mise en valeur que la hauteur.

Quand on arrive d’une petite rue (rue du Guichet) et qu’on tombe nez à nez avec la plus grande façade gothique de France, on ne peut s’empêcher d’être surpris, même en s’y attendant un peu. Je vous le disais en introduction, le minuscule parvis (place Etienne Dolet) ne permet pas d’avoir du recul, surtout face à un tel monument ! Il faut marcher vers le Jardin de l’Evêché, tout proche, pour avoir une vue globale de la cathédrale et ses arcs-boutants.

On tombe souvent en émoi devant les prouesses techniques des bâtisseurs du Moyen Âge, mais c’est vite oublier que souvent, malgré tout leur savoir, ils pouvaient se tromper. En effet, pour beaucoup, la technique était surtout empirique. On essaie d’une certaine façon, ça n’a pas fonctionné, on essaie d’une autre. Ceci est évident pour les tours de cette cathédrale, construite sur un terrain en pente. La « Tour Sourde » (celle de droite quand on regarde la façade) commença à présenter des fissures au début du XIVème siècle, obligeant à la construction en 1313 d’un gigantesque « pilier butant », le bâtiment que l’on voit aujourd’hui collé à la tour. Ce pilier, une construction pour palier à l’urgence d’un éventuel effondrement, avait été financé par le roi lui même, Philippe le Bel. Pour l’anecdote, le pilier butant a déjà eu un rôle de prison par le passé. La tour ne pourra jamais recevoir de cloches, d’où son nom de « sourde ».

Tour Sourde et pilier butant.
La tour Sourde, et son énorme pilier butant, à gauche sur la photo. Une construction nécessaire, au vu des faibles fondations dont souffrait la tour, à jamais inachevée.
La Tour Sourde, sans cloches, vue de la Tour de Beurre.
La Tour Sourde, sans cloches, vue de la Tour de Beurre.

Quant à la « Tour de Beurre », terminée en 1480, elle s’écroula carrément le 31 décembre 1506, à la suite semble-t-il d’ajouts de maçonnerie trop lourds en 1493. Sa reconstruction ne sera terminée qu’en 1542, ce qui explique certains détails typiques de cette période, la Renaissance. C’est la plus grande des deux tours, celle que l’on visite et qui porte les cloches de la cathédrale. La plus grande de ses cloches, le Gros Guillaume, pèse pas moins de 6 tonnes. On peut l’entendre lors des grandes occasions. Le panorama vu du haut de cette tour se mérite, avec plusieurs centaines de marches à gravir avant d’atteindre le sommet. La légende nous dit que son nom de Beurre viendrait du droit à manger du beurre pendant le carême qu’avaient les personnes ayant fait des dons pour la construction de la tour.

Tour de Beurre
La Tour de Beurre. Construite à la Renaissance, elle respecte l’architecture gothique, même si ce n’était plus à la mode… au contraire.
La cloche et son pélican
Au bout des 396 marches de la Tour Nord, ou de Beurre, la récompense finale : le panorama. Sur la Tour est installée la cloche de l’horloge, datant de 1372, offerte par Jean de Berry.
Elle est surmontée d’une girouette datant de 1530, un pélican, plutôt que le traditionnel coq. La cloche, sans battant, ne sonne plus.
Tout en bas à gauche, une gargouille, avec vue sur la ville de Bourges.
Tout en bas à gauche, une gargouille, avec vue sur la ville de Bourges.
Du haut de ses 66m, la Tour de Beurre permet d'avoir une vue extraordinaire de la région. Oubliez le bel édifice que l'on voit en bas à droite, c'est les impôts... Au fond, on aperçoit le plan d'eau du Val d'Auron.
Du haut de ses 66m, la Tour de Beurre permet d’avoir une vue extraordinaire de la région. Oubliez le bel édifice que l’on voit en bas à droite, c’est les impôts… Au fond, on aperçoit le plan d’eau du Val d’Auron.

Après les horreurs des Guerres de Religion au XVIème siècle avec la destruction de nombreuses statues, puis celles de la Révolution Française avec le « vol » du mobilier de la cathédrale, le XIXème siècle fut une période de grands travaux de restauration pour le patrimoine français. En 1850, c’est l’architecte Antoine-Nicolas Bailly qui eut en charge Bourges, avec la cathédrale, et le Palais Jacques Cœur.

Façade Sud, avec ses arcs-boutants et, à gauche, la Tour Sourde.
Façade Sud, avec ses arcs-boutants et, à gauche, la Tour Sourde.

La cathédrale regorge de trésors artistiques, avec notamment un ensemble de vitraux, une riche statuaire, des peintures murales ou des tableaux de maître, sans parler des chefs d’oeuvre de l’artisanat qui s’y trouve, entre le mobilier ou le travail du fer. Pour y voir un peu plus clair, je vous propose de découvrir quelques points de repères emblématiques du vénérable édifice.

Façade de la cathédrale de Bourges

L’originalité de la cathédrale est ici évidente : il y a cinq portails au lieu des trois habituels. La cathédrale Saint-Etienne est très large, même sans compter l’énorme pilier butant qui supporte la Tour Sourde : 55 mètres (73 avec le pilier), ce qui en fait tout simplement l’édifice gothique le plus large de France. Nous avons parlé des tours, qui n’ont pas la même taille. Ce n’était pas une volonté de l’architecte, mais bien une impossibilité technique, la Tour Sud, ou Sourde, menaçant de s’effondrer. Malgré cela, le bâtiment garde une unité et une harmonie que même les artistes de la Renaissance ont respecté lors de la reconstruction de la Tour Nord, ou de Beurre. A cette unité contribua sûrement à la toute fin du XIVème siècle le travail de l’architecte Guy de Dammartin, qui l’embellit.

Les cinq portails sont consacrés, de gauche à droite : Saint Guillaume, Sainte Marie, le Jugement Dernier, Saint Etienne et finalement Saint Ursin. La présence ici de Saint Guillaume, archevêque de Bourges à partir de 1199 jusqu’à sa mort en 1209 peut sembler présomptueuse, quand on sait que la cathédrale en était au tout début de sa construction. Mais cet archevêque, canonisé très rapidement à sa mort grâce aux nombreuses guérisons qu’il semble avoir réalisées, était très important pour la ville, au point que l’on décida de lui consacrer un portail à sa canonisation.

Les cinq portails à double portes. Au dessus de la porte centrale, le Grand Housteau.
Les cinq portails à double portes. Au dessus de la porte centrale, une grande verrière, nommée « Grand Housteau ».
La rose du « Grand Housteau », aux motifs géométriques assez simples, présente en son centre une colombe.
La rose du « Grand Housteau », aux motifs géométriques assez simples, présente en son centre une colombe.
portail du jugement dernier
Le portail du Jugement Dernier. C’est le portail central et principal de la cathédrale. Sa statuaire fut gravement endommagée par les Guerres de Religion, et fut partiellement restaurée au XIXème siècle.
Détail du tympan du portail du Jugement Dernier.
Détail du tympan du portail du Jugement Dernier. Sur le rang du bas, nous pouvons y voir la pesée des âmes, avec au centre l’archange Michel et sa balance. A droite, les damnés, conduits par des diablotins vers un grand chaudron. A gauche, conduits par des anges, ceux dont l’âme est sauvée.
Détail de la façade, juste au dessus du tympan du Jugement Dernier.
Détail de la façade, juste au dessus du tympan du Jugement Dernier.

Portes latérales

L’absence de transept n’a pas empêché la cathédrale d’avoir des portes latérales, précédées de grands porches. Par leur similitude, les porches démontrent bien l’unité architecturale de la cathédrale. Les porches latéraux datent du XVème siècle. Les portails sont décorés avec des éléments antérieurs à la cathédrale, sans doute provenant de l’ancien édifice roman.

Le porche du portail Nord, ou de Notre-Dame de Grâce.
Le porche du portail Nord, ou de Notre-Dame de Grâce, du nom d’une ancienne statue de la Vierge, disparue depuis. Contrairement à son jumeau du Sud, ce porche est surmonté d’un étage supplémentaire.
Portail de Notre Dame de Grâce
Sous le porche du portail, on peut voir le tympan, représentant en son milieu Notre Dame de Grâce, présentant l’enfant Jésus. On distingue les rois mages à gauche.
Porche et portail sud
La façade sud, et le porche du portail. Ce portail n’ayant pas beaucoup de marches, c’est aujourd’hui l’accès pour les personnes à mobilité réduite.
Tympan du portail sud
Le tympan du portail sud, bien plus ornementé que son congénère du nord, représente le Christ en majesté, entouré des symboles des évangélistes et surmontant les apôtres. C’est une thématique que l’on retrouve souvent dans d’autres églises.
Statue de Saint Etienne (?) sous le porche du portail sud.
Statue de Saint Etienne (?) sous le porche du portail sud.

Intérieur de la Cathédrale de Bourges

Une grande cathédrale, plusieurs fois centenaire, regorge toujours de mille et un détails. Nous avions dit que l’espace unifié de l’édifice le rendait unique en son genre, mais ceci n’a pas empêché, bien sûr, la personnalisation au fil du temps de différents endroits de l’église, au gré des goûts de leur époque ou de leur commanditaire. Ceci est très visible dans les sculptures ou les vitraux qui décorent l’édifice, mais également dans les chapelles.

Les vitraux de Bourges font partie des vitraux majeurs du catholicisme français. Les plus anciens, du tout début du XIIIème siècle, peuvent-être trouvés dans le déambulatoire. La cathédrale s’enrichira de verrières tout au long de son existence, jusqu’au XIXème siècle.

Orgues de la cathédrale

La cathédrale possède des orgues depuis toujours ou presque, le plus ancien datant du Moyen Âge. Une première mention en est faite à la Renaissance, quand il faut remplacer l’ancien par un nouvel orgue en 1488. En 1506, l’année de l’effondrement de la Tour Nord (actuelle Tour de Beurre), un petit orgue est installé dans le triforium coté nord.

Vitraux de la nef centrale et triforium
Vitraux de la nef centrale, avec en dessous le triforium, le passage exigu que l’on peut voir derrière les colonnes. La nef fait 38 m de hauteur.
Choristes de la cathédrale de Bourges
Une église, pour plus belle qu’elle soit, n’est jamais vraiment une église sans ce qui lui donne vie : les fidèles. Ici, les choristes de la cathédrale répètent. Sur la droite, l’orgue de chœur, datant de 1855, réalisé par le facteur Ducroquet.

En 1599 est installé le Grand Orgue, réalisé par le facteur Jean Jallon. Il faut dire que le précédent avait été rendu inopérant par l’effondrement de la Tour Nord, et des incendies au XVIème siècle n’arrangèrent pas les choses. Il se trouvait sur la même tribune qu’aujourd’hui, réalisée à l’époque par Jean Pinardeau. Le projet initial d’orgue était trop ambitieux : la tribune, encore aujourd’hui, n’est pas utilisée dans sa totalité, les deux supports latéraux que l’on voit vides auraient du accueillir de grands tuyaux de 32 pieds.

Grand orgue de la cathédrale
Le grand orgue de la cathédrale. On voit de chaque coté de la tribune les tourelles vides.

Ce premier grand orgue sera remplacé entre 1663 et 1667, réalisé par le facteur Guy Joly, puis, à son décès, par Pierre Cauchois. Le buffet de l’orgue date également de cette période, réalisé par Jacques Perret. En 1821, l’orgue est remplacé encore une fois. Il fut réalisé par les facteurs Dallery, père et fils. Il sera par la suite restauré plusieurs fois au cours du XXème siècle. Celui que nous pouvons voir aujourd’hui est proche de la conception originale des facteurs Joly et Cauchois.

Un ange musicien, sur le buffet de l'orgue.
Un ange musicien, sur le buffet de l’orgue.
Grand orgue de Bourges
Deux vues du Grand orgue. Il cache malheureusement partiellement la vérrière du Grand Housteau.

Chœur de la Cathédrale Saint-Etienne

Lors de la construction de la nouvelle cathédrale, l’ancien édifice coexistait, étant démoli au fur et à mesure que la nouvelle prenait forme. On raconte ainsi que l’archevêque Guillaume serait mort en 1209 parce qu’il avait pris froid : le nouveau chœur où il prêchait n’était pas bien raccordé à l’ancienne nef romane, laissant passer l’air froid extérieur.

Le choeur de la cathédrale de Bourges.
Le choeur de la cathédrale de Bourges.
Choeur de la cathédrale, vue d'ensemble
Choeur de la cathédrale, vue d’ensemble. On peut voir la cathèdre, au fond à gauche.
Cathèdre de la cathédrale de Bourges
A gauche, la cathèdre, le trône de l’évêque. A droite, les portes en bois derrière un des portails.
Couronne de lumière
Le lustre du choeur : la Couronne de lumière. C’est une réalisation du XIXème siècle du sculpteur berrichon Jules Dumoutet et du grand orfèvre parisien Placide Poussielgue-Rusand. Ce lustre représente la Jérusalem Céleste.

Chapelles de la Cathédrale de Bourges

Il existe deux sortes de chapelles : celles datant du début de la construction de la cathédrale, au XIIIème siècle, et celles du XVème siècle. Les premières sont celles qui rayonnent de l’abside, les secondes sont entre les contreforts.

Chapelle de Notre-Dame la Blanche

La chapelle d’axe, au centre de l’abside, est connue sous le nom de Notre-Dame la Blanche ou de la Vierge.

Chapelle d'axe
Nous voyons ici la statue de Notre Dame la Blanche, issue de la Sainte-Chapelle de Bourges.
statues de jean de berry et de son épouse
De chaque coté de la chapelle se trouvent les statues de Jeanne d’Armagnac (à gauche) et de son époux, Jean de Berry.
Statue de Saint Jean
La statue de Saint Jean, aux cotés d’un vitrail montrant la fuite en Egypte.

Chapelle des fonts baptismaux, dite de Montigny

C’est la première chapelle coté nord, à proximité de la tour de Beurre. Détruite avec la tour en 1506, elle sera reconstruite très lentement. Ce n’est que plus d’un siècle plus tard que la veuve du maréchal de Montigny obtient la possibilité d’en faire la dernière demeure de son défunt mari.

priant du maréchal de montigny
Priant du maréchal de Montigny. Montigny était un militaire français, originaire du Berry, qui s’est illustré lors des guerres de Religion.
vitraux de la chapelle des fonts baptismaux
Détail de la vérrière de l’assomption de la Vierge. En haut, les apôtres observant le tombeau vide de Marie. En bas, on reconnait à gauche François de La Grange d’ Arquian, seigneur de Montigny ainsi que sa femme Gabrielle de Crevant, à droite.

Chapelle du Sacré-Coeur

La famille d’Etampes inaugura le financement des chapelles de la cathédrale, en réalisant celle du Sacré-Coeur au XVème siècle, en l’honneur de leur bienfaiteur, le duc Jean de Berry. La chapelle, dont il ne restait pratiquement rien depuis un ouragan en 1645, fut complètement restaurée au XIXème siècle par Dumoutet. On peut y voir aujourd’hui le vitrail central du XIXème siècle de M. Thévenot, représentant Jésus au Jardin des Oliviers. De chaque coté, des tapisseries d’Aubusson.

Chapelle du Sacré-Coeur
La chapelle du Sacré-Coeur est la plus ancienne des chapelles latérales. C’est aussi la plus grande.

Chapelle de Sainte Solange

Sainte Solange, patronne du Berry, a une place spéciale dans le cœur des berrichons, et encore plus dans celui des habitants de… Sainte-Solange, où elle est née. Elle est l’objet d’un pèlerinage chaque année, le lundi de Pentecôte. Le pèlerinage, presque tombé dans l’oubli, a été ravivé par la communauté portugaise.

chapelle sainte solange
Chapelle Sainte Solange, patronne du Berry. On la voit à gauche représentée sur la peinture, en train de prier au milieu des moutons.
Au milieu, détails dorés de la décoration. A droite, une peinture d’Emile Hirsch, inspirée de fragments d’une peinture murale préexistante.
vitrail de sainte solange
La verrière de la chapelle Sainte Solange. A gauche, Saint Thibaut de Nevers, au centre, Sainte Solange et à droite, Saint Charles Borromée.
Chapelles coté sud
L’alignement des chapelles, coté sud, avec à droite la chapelle Coppin.
Chapelle Coppin, ou Copin
Chapelle Coppin. On voit le tombeau du chanoine de la Sainte-Chapelle de Bourges, Pierre Coppin. A droite, la statue de Saint Antoine de Padoue, né à Lisbonne. Cette chapelle est spéciale pour la forte communauté portugaise de Bourges.
vitrail de la chapelle Coppin
Vitrail de la chapelle Coppin, avec au niveau inférieur le martyr de Saint Laurent, au milieu le martyr de Saint Etienne, et au dessus, le Christ, entouré des instruments de la Passion.
Autel de la Chapelle Sainte Solange
En dessous de l’autel de la chapelle Sainte Solange, on distingue la chasse contenant les reliques de la sainte.

Chapelle Saint Ursin, dite de Jacques Cœur

Cette chapelle, a été offerte par le grand argentier du roi Charles VII en 1445, en l’honneur de la nouvelle charge que son fils venait d’obtenir : archevêque de Bourges. On peut parler de véritable pistonnage, jamais Jean Cœur, de seulement 25 ans, n’aurait pu obtenir une telle charge s’il n’avait pas été « fils de ». Artistiquement, la chapelle se remarque par le vitrail de l’Annonciation, un des chefs d’œuvres du XVème siècle. On dit que Jacques Cœur y est représenté sous les traits de Gabriel.

Vitrail de l'annonciation. En plus de Gabriel et de Marie, on peut y voir Saint Jacques et Sainte Catherine.
Vitrail de l’annonciation. En plus de Gabriel et de Marie, on peut y voir Saint Jacques et Sainte Catherine.
Chapelle Jacques Coeur
Chapelle Jacques Coeur : richement décorée et bien conservée, on y trouve trois statues de l’illustre famille de l’Aubespine au XVIIème siècle. On retrouve un peu partout dans la chapelle la fleur de lys, symbole de la royauté. C’est un hommage de Jacques Coeur à Charles VII.
Dans la chapelle Jacques Coeur et sa voûte, très décorée. A gauche, on peut voir un tableau représentant  Saint Sébastien soigné par l'ange. Il s'agit d'une oeuvre d'Alphonse Garreau.
Dans la chapelle Jacques Coeur et sa voûte, très décorée. A gauche, on peut voir un tableau représentant Saint Sébastien soigné par l’ange. Il s’agit d’une oeuvre d’Alphonse Garreau.
Un ange, décorant le centre de la voûte de la chapelle Jacques Coeur.
Un ange, décorant le centre de la voûte de la chapelle Jacques Coeur.

Sacristie capitulaire

La construction de la chapelle Saint Ursin obligeant à déplacer la sacristie, Jacques Coeur offrit également une nouvelle sacristie à la cathédrale. La sacristie n’est pratiquement jamais ouverte au public, je n’ai pas eu la chance de pouvoir la visiter. La grande valeur artistique de l’entrée de la sacristie a été très longtemps ignorée. Ce n’est qu’à la fin des années 1980, à sa restauration, qu’on découvrit sa somptuosité.

A gauche, l'entrée de la sacristie. Notez le soleil de la voûte.  A droite, l'entrée de l'église basse.
A gauche, l’entrée de la sacristie. Notez le soleil de la voûte. A droite, l’entrée de l’église basse.
soleil de la voûte devant la sacristie
La clef de voûte, ornée d’un soleil. On pensait autrefois qu’on devait cet ornement à Louis XIV. Ce que la restauration a révélé, ce sont des thématiques propres de Charles VII, comme des roses ou des iris blancs.
Le tympan de la porte de la sacristie.
Le tympan de la porte de la sacristie.

L’inscription au patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO de la cathédrale de Bourges en fait un de ces patrimoines d’exception, à protéger absolument. Cette reconnaissance de l’UNESCO est due à l’édifice bien sûr, avec sa maîtrise des espaces et cette unité architecturale, mais également à son milieu environnant, être au coeur d’une vieille cité chargée d’Histoire, ça compte !

Horloge astronomique

Cadran de l'horloge astronomique,datant de 1424, conçue par le scientifique Jean Fusoris.
Cadran de l’horloge astronomique,datant de 1424, conçue par le scientifique Jean Fusoris et construite par le serrurier André Cassart. C’est un cadeau de Charles VII.
Horloge astronomique
L’horloge astronomique de la cathédrale de Bourges est la plus ancienne conservée en France
Mécanisme de l'horloge astronomique.
Mécanisme de l’horloge astronomique.
horloge et chapelle Coppin
A droite, l’horloge astronomique. Au fond, la chapelle Coppin.

Photos de la cathédrale Saint-Etienne de Bourges

Vitrail chapelle Tullier
Dans la chapelle Tullier, on y trouve ce vitrail représentant la famille du doyen du Chapitre, Pierre Tullier, agenouillée devant la Vierge. Ils sont accompagnés de saint Pierre, saint Jean et saint Jacques. C’est un vitrail datant de 1531, du peintre verrier Jean Lescuyer, de Bourges.
Détail du vitrail de Saint Jean Baptiste
A gauche, un détail du vitrail de Saint Jean Baptiste, dans la chapelle de Saint François.
A droite, gros plan sur un vitrail.
Vitrail représentant l'adoration des mages, dans la chapelle Dubreuil
Vitrail représentant l’adoration des mages, dans la chapelle Dubreuil. Dans le premier panneau, on peut voir Saint-Jean Baptiste, présentant les Dubreuil. Dans le deuxième panneau, le roi mage africain. Troisième panneau, un roi mage couronné et finalement, dans le dernier panneau, on voit l’enfant Jésus et la Vierge Marie, avec au fond Joseph, avec un mage leur faisant une offrande.
Vitrail des docteurs de l'église
Dans la chapelle de Beaucaire se trouve ce vitrail des docteurs de l’église. De gauche à droite : Ambroise, Jérôme, Augustin et Grégoire le Grand.
Toiture de la cathedrale saint etienne de bourges
Une gargouille de la Tour de Beurre regarde la toiture. Les nombreux arcs-boutants sont d’une très grande finesse…
passage aménagé sur un arc-boutant
Certains accès laissent rêveur, comme ce passage aménagé sur un arc-boutant.
La cathédrale, vue du boulevard de Strasbourg
La cathédrale, vue du boulevard de Strasbourg
chevet de la cathedrale
Le chevet de la cathédrale
Abside : niveaux de la cathédrale
Les différents niveaux de la cathédrale sont bien visibles, tous percés de verrières. Les pinacles que l’on voit au dessus des piliers sont des ajouts du XIXème siècle.
Détail du sommet de l'abside
Détail du sommet de l’abside
Reliquaire de Saint Ursin
Reliquaire de Saint Ursin
Intérieur de la cathédrale
A gauche, collateral coté sud. A droite, voûte dont l’ancienne peinture est détériorée. Il était courant de peindre les murs autrefois, comme on peut le voir par exemple à Saint-Savin
Voûte du déambulatoire
Voûte du déambulatoire
Répétition des choristes
Répétition des choristes
Statue de la Vierge à l'enfant
Cette statue de la Vierge à l’enfant se trouve juste à coté de la station XIV du chemin de croix.
Chaire à prêcher
La Chaire à prêcher de la cathédrale. Réalisée au XIXème siècle, sur les dessins de Jules Dumoutet.

Infos Utiles

Adresse : Cathédrale Saint-Etienne de Bourges, Place Etienne Dolet, 18000 Bourges, France

Téléphone : 02 48 65 49 44

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