Musée romain de Mérida

Musée romain de Mérida

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Mérida en Espagne est une ville soucieuse de son passé romain. Son musée est un des meilleurs exemples que je connaisse d'architecture moderne.

La ville est sans conteste connue et reconnue pour son patrimoine historique, qui couvre, depuis sa fondation à l’époque d’Auguste, 2000 ans d’Histoire. L’Empire romain y possède une force qu’on ne retrouve pas ailleurs, la municipalité ayant choisi, à juste titre, de valoriser son passé antique. Pour abriter les nombreuses découvertes archéologiques de Mérida, un musée a été construit dans les règles de l’Art, la réponse moderne se devant de faire honneur aux anciens bâtisseurs. Le musée est une occasion de faire un voyage dans le temps, à la rencontre de ceux qui nous ont précédé sur cette Terre.

Maquette d'Augusta Emerita
Maquette d’Augusta Emerita

Musée archéologique de Mérida

Au début du XIXème siècle, les pièces archéologiques retrouvées d’Augusta Emerita depuis le XVIème siècle étaient éparpillées en plusieurs endroits de Mérida. On les retrouvait notamment dans l’ancienne forteresse musulmane, l’Alcazaba, et à l’ancien couvent Jésus de Nazareth, devenu aujourd’hui un Parador. En 1838, les collections furent réunies dans l’ancienne église de Santa Clara, désormais musée archéologique de Mérida. Avec le temps et les nombreuses découvertes archéologiques faites depuis lors, le musée devient bien trop petit pour tant de richesses culturelles et historiques. Il faudra attendre 1975 et les commémorations du bimillénaire de la ville pour que finalement, la décision de créer un nouveau musée soit prise.

Aujourd’hui, l’ancienne église du XVIIème siècle est consacrée à l’Art Wisigothique, successeurs des romains en péninsule ibérique. Un projet de nouveau musée, plus grand, plus beau, plus proche des sites archéologiques est dans les cartons de l’état espagnol depuis l’inauguration du Musée romain. Un jour, peut-être!

Les collections sont exposées dans l'ancienne église. Elles semblent à l'étroit, surtout quand on repense à tout ce qui n'est pas exposé!
Les collections sont exposées dans l’ancienne église. Elles semblent à l’étroit, surtout quand on repense à tout ce qui n’est pas exposé!
Pierre tombale de Maurilio. L'inscription prévient celui qui voudrait violer la tombe qu'il sera maudit.
Pierre tombale de Maurilio. L’inscription prévient celui qui voudrait violer la tombe qu’il sera maudit.
Une grande partie de ce qui est exposé provient de très anciennes églises wisigothiques, comme cette niche.
Une grande partie de ce qui est exposé provient de très anciennes églises wisigothiques, comme cette niche.
Colonnes sculptées
Colonnes sculptées
boucle de ceinture
boucle de ceinture

Nouveau musée de Mérida

Si un romain pouvait venir au XXIème siècle et visiter ce qu’est devenue Augusta Emerita, il n’y a qu’un seul édifice qui pourrait lui rappeler sa ville d’origine : le nouveau musée d’Art romain. Les choix de Rafael Moneo, l’architecte du bâtiment, ont été guidés par un respect absolu de « l’esprit romain » qu’un tel musée se devait de dégager. Inauguré en 1986, il est depuis lors le principal musée de la ville, mais aussi l’un des plus prestigieux du pays.

Le jury du prix Pritzker ne s’est d’ailleurs pas trompé en attribuant le plus prestigieux des prix d’architectures à Rafael Moneo en 1996. Moneo cherche, pour chacune de ses oeuvres, le respect de l’Histoire du lieu, tout en l’adaptant aux besoins modernes. En ce qui concerne le musée de Mérida, pari réussi.

L'entrée principale du musée, avec ses portes de bronze sculptées par Francisco Lopez et sa statue romaine au dessus.
L’entrée principale du musée, avec ses portes de bronze sculptées par Francisco Lopez et sa statue romaine au dessus.
Nef centrale du musée. La lumière est naturelle.
Nef centrale du musée. La lumière est naturelle.
Chaque espace est délimité et clairement identifié.
Chaque espace est délimité et clairement identifié.
L'inspiration romaine est flagrante, avec le choix de la brique et des arcades.
L’inspiration romaine est flagrante, avec le choix de la brique et des arcades.

Vestiges archéologiques

Le choix de la localisation du musée, à deux pas du théâtre romain, a permis de conserver les vestiges archéologiques qui s’y trouvaient dans le sous-sol. En visitant le musée, nous avons donc la possibilité de nous plonger littéralement dans ce qui reste du quartier romain du théâtre. On peut y voir, dans l’une des cours, une portion de chaussée romaine. Dans la lumière tamisée du sous-sol du musée se trouve les vestiges d’habitations antiques avec leurs murs peints. Ces habitations sont restées in situ, le musée ayant été littéralement construit par dessus. C’est également ici qu’on a conservé un nombre important de stèles funéraires

Chaussée romaine, encore visible au musée.
Chaussée romaine, encore visible au musée.
Peintures d'un mur romain
La peinture d’un mur d’une habitation romaine. de la fin du Ier siècle en ce qui concerne la partie supérieure avec les oiseaux, et du IIème et IIIème siècles pour la partie inférieure, aux formes géométriques imitant le marbre.
Stèles funéraires du sous-sol
Stèles funéraires du sous-sol

Collections

Le musée regorge de trésors, issus pour la plupart des fouilles archéologiques conduites sur plusieurs siècles dans la ville. Les expositions sont soignées et bien pensées, chaque pièce est mise en valeur et souvent montrée dans son esprit originel. Même en pleine période estivale et ses nombreux touristes culturels, l’espace muséal reste vivable, on a le temps d’apprécier pleinement chaque oeuvre, chaque pièce, pour peu que l’on aie plusieurs journées à leur consacrer. Les pièces archéologiques ne s’entassent pas, chacune dispose de son espace et n’empiète pas sur sa voisine, à moins d’y être rattachée.

On pourrait se demander quelles solutions seront envisagées lorsqu’il y aura trop de nouveaux objets à exposer, l’enrichissement des collections ne s’arrêtant jamais avec les nouvelles fouilles archéologiques. La réponse est assez simple, le musée va tout simplement s’agrandir avec la construction de nouveaux bâtiments dans les années à venir.

Le musée d’Art romain de Mérida en Espagne est sans aucun doute l’un des meilleurs musées que j’ai pu avoir la chance de visiter. Il vaut à lui seul le détour par cette ville d’Estrémadure, au fin fond de l’Espagne.

Mosaïques et peintures

Peinture représentant Bacchus. Fin du Ier siècle.
Peinture représentant Bacchus. Fin du Ier siècle.
Plaquée contre le mur et en hauteur, cette mosaïque est à la fois protégée des passants et visible par tout le monde.
Plaquée contre le mur et en hauteur, cette mosaïque est à la fois protégée des passants et visible par tout le monde.
Mosaïque de Bacchus et Ariane. Le dieu Pan déshabille Ariane, afin qu'elle puisse être contemplée par Bacchus.
Mosaïque de Bacchus et Ariane. Le dieu Pan déshabille Ariane, afin qu’elle puisse être contemplée par Bacchus.
On ne le répétera pas assez : le musée met en valeur ses collections. L'espace dédié aux mosaïques est phénoménal.
On ne le répétera pas assez : le musée met en valeur ses collections. L’espace dédié aux mosaïques est phénoménal.
Mosaïque d'une venatio, IVème siècle. Les venationes étaient des chasses pour le spectacle, qui avaient lieu dans les amphithéâtres.
Mosaïque d’une venatio, IVème siècle. Les venationes étaient des chasses pour le spectacle, et avaient lieu dans les amphithéâtres.
Mosaïque géométrique du IVème siècle, retrouvée dans une villa à 18 km de Mérida, sur la route qui allait à Lisbonne.
Mosaïque géométrique du IVème siècle, retrouvée dans une villa à 18 km de Mérida, sur la route qui allait à Lisbonne.

Marbres et statues

Quatre des plus belles statues du musée. On comprend par ailleurs que les dieux d'origine orientale, comme Isis ou Zervan influencent même l'extrême occident!
Quatre des plus belles statues du musée. On comprend par ailleurs que les dieux d’origine orientale, comme Isis ou Zervan influencent même l’extrême occident!
Détail d'un pied d'une statue.
Détail d’un pied d’une statue.
Buste féminin.
Buste féminin.
Vestiges du théâtre.
Vestiges du théâtre.
Tête du génie de la colonne. Il s'agit d'une divinité tutélaire de la ville, retrouvée sur le forum municipal. Ier siècle.
Tête du génie de la colonne. Il s’agit d’une divinité tutélaire de la ville, retrouvée sur le forum municipal. Ier siècle.
Protomé de taureau, élément décoratif d'un ancien bâtiment.
Protomé de taureau, élément décoratif d’un ancien bâtiment.
Une frise, finement sculptée.
Une frise, finement sculptée.
Au centre, une méduse du portique du forum municipal d'Augusta Emerita.
Au centre, une méduse du portique du forum municipal d’Augusta Emerita.

Funéraire

Cette pierre était au dessus de l'entrée du mausolée des Voconios. Le premier membre de la famille était un des légionnaires vétérans, fondateurs d'Augusta Emerita.
Cette pierre était au dessus de l’entrée du mausolée des Voconios. Le premier membre de la famille était un des légionnaires vétérans, fondateurs d’Augusta Emerita. On remarque les décorations militaires, les torques étant bien en vue.
Inscription funéraire de Quintus Caecilius Varica, un garde prétorien de la cohorte Antistianae.
Inscription funéraire de Quintus Caecilius Varica, un garde prétorien de la cohorte Antistianae.
Deux stèles de vétérans de la légion VII Gemina. Celle de gauche est en l'honneur de Mithra.
Deux stèles de vétérans de la légion VII Gemina. Celle de gauche est en l’honneur de Mithra.
Stèle d'un tubicen, un joueur de tuba antique.
Stèle d’un tubicen, un joueur de tuba antique.
Epitaphe retrouvée dans la maison de l'amphithéâtre. IIIème siècle.
Epitaphe retrouvée dans la maison de l’amphithéâtre. IIIème siècle.
Les débuts du christianisme sont visibles sur cette inscription.
Les débuts du christianisme sont visibles sur cette inscription.

Objets

Tablette de bronze, où sont inscrites les lois locales.
Tablette de bronze, où sont inscrites les lois locales.
Cadran solaire du péristyle du théâtre romain.
Cadran solaire du péristyle du théâtre romain.
Petites statuettes. Ce type de statuette était souvent votive.
Petites statuettes. Ce type de statuette était souvent votive.

L’avis de Jori sur le musée romain de Mérida

Dans ce musée, on peut photographier à loisir. Oui, j'ai fait un dessin vite fait.
Dans ce musée, on peut photographier à loisir. Oui, j’ai fait un dessin vite fait.

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Localisation de Mérida



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Augusta Emerita, capitale de Lusitanie romaine : Mérida
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