Jardin des Plantes de Paris, vulgarisation de l’Histoire Naturelle

Jardin des Plantes de Paris, vulgarisation de l’Histoire Naturelle

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Tout le monde connaît le Jardin des Plantes, à Paris. C’est le grand jardin juste à côté de la Gare d’Austerlitz, qui va jusqu’au campus de Jussieu.

Quand j’étais petit, j’y allais avec mes parents, pour y découvrir des plantes, mais aussi visiter les musées qui s’y trouvent. C’est aujourd’hui à mes yeux le symbole de la Science triomphante du XIXe siècle, où l’Humanité s’éveillait enfin vers le progrès technique et scientifique. Faisons un petit tour dans ce joli jardin, un après-midi de Printemps parisien.

Naturalistes et botanique

Le Jardin des Plantes, c’est surtout, dans l’esprit original, un musée d’Histoire naturelle et un lieu de préservation et de recherche pour les naturalistes, ces scientifiques qui étudient la botanique, la minéralogie ou la zoologie, en un mot, la Nature. Le nom des rues qui entourent le Jardin des Plantes est d’ailleurs révélateur : rue Geoffroy Saint-Hilaire, rue Buffon et rue Cuvier, trois des plus grands naturalistes français du XIXe siècle. On aime venir ici au Printemps, pour voir des fleurs et des arbres, dans le cadre grandiose d’un parc parisien.

Bâtiments couverts de lierre

Bâtiments couverts de lierre

Jardin du Roi

Le Jardin des Plantes se nommait, à ses débuts, « Jardin royal des plantes médicinales », ou plus simplement, « Jardin du Roi ». Il fut créé en 1635 par le botaniste Guy de la Brosse, médecin de Louis XIII. Le Jardin du Roi ne sera inauguré qu’en 1640, un an avant la mort de son fondateur. Ce nouvel espace parisien devait aussi être un haut lieu d’enseignement de la botanique ou de la chimie. L’Université de Paris sera l’une des plus farouches opposantes à ce qu’elle considérait comme étant un concurrent et une menace. En effet, le Jardin du Roi dispense des études en français, et non en latin ! Les nouveautés scientifiques y circulent également plus librement, et certains professeurs viennent de l’Université de Montpellier, l’éternelle rivale de Paris. L’influence de l’Université de Paris est tout de même très forte, ce qui oblige le roi Louis XIII à ne pas autoriser que le Jardin du Roi délivre des diplômes…

Statue de Michel-Eugène Chevreul, ancien directeur du Musée d’Histoire Naturelle

Statue de Michel-Eugène Chevreul, ancien directeur du Musée d’Histoire Naturelle

Buffon, intendant du jardin

En 1718, le Jardin prend le nom de « Jardin royal des plantes », un nom plus global que les seules plantes médicinales. Lorsque Georges-Louis Leclerc de Buffon devient l’intendant du Jardin en 1739, le Jardin royal des plantes possède déjà une solide réputation scientifique. C’est Buffon qui véritablement changera le visage du Jardin des Plantes, avec ses presque 50 ans à sa tête. Il transformera le Jardin des Plantes de fond en comble, faisant venir des plantes des quatre coins du monde, et en le tournant vers l’étude de l’histoire naturelle. Un énorme travail fut également effectué pour enrichir les collections du Cabinet d’Histoire Naturelle du roi, ancêtre du Muséum d’Histoire Naturelle.

Son Jardin des Plantes était déjà tourné vers le public, qui venait avec plaisir découvrir les grandes collections d’animaux naturalisés, que l’on ne trouvait pas sous nos latitudes. L’auteur de « l’Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roy » serait fier de voir ce qu’est devenu aujourd’hui le Jardin des Plantes, un lieu où chacun peut venir librement, pour y découvrir un peu plus sur l’évolution de l’histoire vivante, ou simplement profiter du calme à l’ombre d’un platane en plein centre de Paris. Buffon serait ce que l’on nomme aujourd’hui un « vulgarisateur », quelqu’un qui rend la science accessible au plus grand nombre. Pendant la Révolution Française, le 10 juin 1793, le Muséum national d’Histoire naturelle est institué, intégrant le Jardin des Plantes.

La grande allée du Jardin des Plantes, avec la statue de Buffon, grand réformateur du jardin

La grande allée du Jardin des Plantes, avec la statue de Buffon, grand réformateur du jardin

C’est tout de même un scandale que cet édifice soit si délabré! C’est l’Hôtel de Magny, où se trouve le cabinet d’histoire du Jardin des Plantes…

C’est tout de même un scandale que cet édifice soit si délabré! C’est l’Hôtel de Magny, où se trouve le cabinet d’histoire du Jardin des Plantes…

Ménagerie du Jardin des Plantes

Le 11 décembre 1794, un élément fondamental de l’actuel Jardin des Plantes voit le jour : la Ménagerie du Jardin des Plantes. C’est ici que furent réunis les animaux issus des anciennes ménageries royales. La ménagerie est l’un des plus anciens zoos au monde, et pour dire la vérité, ça se voit. Ce n’est plus, au XXIe siècle, un lieu digne pour abriter des animaux, en toute honnêteté. Des travaux sont faits, mais nous sommes très loin de ce que sera le Zoo de Vincennes, par exemple (autre institution du Muséum, par ailleurs…). C’est un héritage du passé, qui gagnerait avec un remaniement lourd de son espace. Des efforts ont été fournis, en retirant les grands animaux, qui n’étaient vraiment pas à leur place dans un endroit si confiné.

On a un joli point de vue d’en haut

On a un joli point de vue d’en haut

Recherche scientifique

Le Jardin des Plantes, via le Muséum d’Histoire naturelle est devenu un des premiers centres de recherche scientifique, et l’un des plus anciens au monde. Tout le long du XIXe siècle, les bâtiments du Jardin des plantes qui accueillaient les différentes sections du Muséum furent remaniées ou construits, les anciennes installations ne suffisant plus pour abriter les collections, qui ne cessaient de grandir. Les deux serres jumelles et la nouvelle Galerie de Minéralogie seront édifiées par Charles Rohault de Fleury dans les années 1830. Jules André construit la galerie de zoologie en 1889, puis c’est la galerie de paléontologie qui sera inaugurée en 1898. J’ai toujours vu le stégosaure à l’entrée de cette galerie, il m’a fait rêver depuis tout petit ! Superbe carte de visite pour ceux qui voudraient en découvrir un peu plus sur les dinosaures.

Le grand scientifique Michel-Eugène Chevreul, qui vécut plus d’un siècle et ne cessa de travailler jusqu’à sa mort, dirigea le Muséum d’Histoire naturelle entre 1836 et 1879. Au cours de sa carrière, il privilégiera la recherche à la conservation des collections. Pour en savoir plus sur l’histoire du Jardin des Plantes, on peut toujours visiter le Cabinet d’Histoire du Jardin des Plantes, situé à l’Hôtel de Magny, qui est malheureusement en piteux état. Il n’y a personne pour débloquer un petit budget pour lui donner un coup de neuf ? La Ville de Paris oblige les propriétaires des immeubles avec façade sur rue de faire des ravalements de façade régulièrement, pourquoi en serait-il autrement avec ce bâtiment historique ?

Derrière, on aperçoit la faculté des Sciences

Derrière, on aperçoit la faculté des Sciences

Au fond, derrière les fleurs et les arbres, l’horrible Tour Jussieu

Au fond, derrière les fleurs et les arbres, l’horrible Tour Jussieu

Promenade au Jardin des Plantes

Le Jardin des Plantes, outre son aspect purement scientifique, avec la recherche ou la vulgarisation auprès du public, c’est aussi, comme son nom l’indique, un Jardin. Les joggeurs viennent ici, les mamans viennent promener leurs enfants, les amoureux viennent s’embrasser sous un arbre. Le Labyrinthe, un jardin planté sur une ancienne décharge, est un des plus beaux endroits du Jardin des Plantes, c’est ici que l’on trouvera le tombeau de Daubenton, premier directeur du Muséum national d’histoire naturelle. J’aime beaucoup cette combinaison d’anciens bâtiments du XIXe siècle, avec cette collection d’arbres et de plantes, sur un fond diffus de science, que nous devinons sur les écriteaux descriptifs des espèces qui sont ici conservées.

Le jardin regorge d’arbres qu’on a pas l’habitude de voir à Paris

Le jardin regorge d’arbres qu’on a pas l’habitude de voir à Paris

Photos du Jardin des Plantes

Les serres du Jardin des Plantes

Les serres du Jardin des Plantes

Petit coin de verdure face à l’entrée de la Grande Galerie de l’Evolution

Petit coin de verdure face à l’entrée de la Grande Galerie de l’Evolution

C’est le Printemps, comme on peut le voir sur les arbres…

C’est le Printemps, comme on peut le voir sur les arbres…

Esplanade Milne Edwards

Esplanade Milne Edwards

Les pelouses sont évidemment bien entretenues

Les pelouses sont évidemment bien entretenues

Souche d’arbre fossilisé

Souche d’arbre fossilisé

Galerie de Minéralogie et de Géologie du Jardin

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Statues du tympan de la Galerie de Géologie

Statues du tympan de la Galerie de Géologie

La signalétique du Jardin des Plantes est originale et en adéquation avec son environnement

La signalétique du Jardin des Plantes est originale et en adéquation avec son environnement

Au fond de l’Allée, la Grande Galerie de l’Evolution

Au fond de l’Allée, la Grande Galerie de l’Evolution

Les parisiens ne s’y trompent pas, et viennent prendre un peu de repos en plein centre de la capitale

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La décoration extérieure de la Galerie de paléontologie et d’anatomie comparée est incroyable, avec cette statue d’un homme luttant contre un crocodile!

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Galerie de paléontologie et d’anatomie comparée

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Allée bordée de platanes

Allée bordée de platanes

Stégosaure devant l’entrée de la Galerie de paléontologie

Stégosaure devant l’entrée de la Galerie de paléontologie

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